L'ancien président des Ultra Marines reste interdit de stade

GIRONDINS. --Le tribunal administratif a refusé de suspendre l'arrêté préfectoral, pris au regard des violences reprochées mais niées 

L'ancien président des Ultra Marines reste interdit de stade
 

Florian Brunet, l'ancien président des Ultra Marines, l'un des clubs de supporters des Girondins de Bordeaux, devra prendre son mal en patience. Le tribunal administratif, saisi en référé par son avocat Me Christian Blazy, a estimé qu'il n'y avait pas lieu de suspendre l'arrêté préfectoral qui lui interdit, pour une durée de trois mois, de pénétrer ou de se rendre aux abords d'un stade où évolue son équipe favorite. 
Âgé de 30 ans, Florian Brunet est soupçonné d'avoir violemment frappé à la tête le lieutenant Stéphane Gagne le 24 janvier dernier lors de la rencontre Bordeaux-Saint-Étienne. L'officier, dont le tympan a été perforé, tournait le dos à son agresseur. Mais un de ses collègues présent sur les lieux accuse formellement Florian Brunet. Ce dernier n'a jamais reconnu les faits, qu'il nie avec véhémence. Peu de temps après l'interpellation de l'ancien président des Ultra Marines, Dimitri Cauvacis, un membre de l'association, s'est d'ailleurs dénoncé comme étant l'agresseur. 


Présomption d'innocence.Pour tenter d'y voir plus clair, le tribunal correctionnel a ordonné en janvier un complément d'information. Mais avant même que la justice ne se soit prononcée, le préfet n'a pas hésité à sanctionner Florian Brunet en le privant de matchs. Sur la base des éléments communiqués par la police, le représentant de l'État a jugé qu'il n'y avait manifestement aucun doute sur l'auteur des violences. Au grand dam du principal intéressé, qui évoque une entorse au principe de la présomption d'innocence ainsi qu'une remise en cause de sa liberté fondamentale d'aller et de venir. 
Autant d'arguments auxquels est restée sourde la juridiction administrative. « Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision, justifiée par l'intérêt de la sécurité et de l'ordre public, soit susceptible d'être regardée comme portant une atteinte manifestement illégale à l'une des libertés fondamentales du requérant », souligne le juge des référés. 
L'incident à l'origine de l'affaire est survenu après le départ d'un fumigène dans le virage sud du stade Chaban-Delmas. L'interpellation de celui qui l'avait allumé, un adolescent de 13 ans, a immédiatement suscité l'effervescence dans les travées. Florian Brunet affirme qu'il s'est seulement contenté de déplorer auprès du lieutenant Gagne l'intervention « disproportionnée » des forces de l'ordre. 


Dépôt d'une plainte.Figure emblématique des supporters, l'ancien président des Ultramarines jouit d'un certain crédit auprès des services de sécurité des Girondins, dont il était l'un des interlocuteurs. Il n'en va pas de même auprès des policiers. Un fonctionnaire présent à proximité de l'échauffourée l'a désigné comme l'agresseur parmi les différentes personnes réunies lors d'un « tapissage » au commissariat. Et les enquêteurs le soupçonnent d'avoir suscité la déposition de Dimitri Cauvacis qui le dédouane. Selon Albert Doutre, le directeur départemental de la sécurité publique, le jeune supporter qui revendique ces violences était hébergé par Florian Brunet au moment des faits. 
Différentes auditions sont en cours pour vérifier les dires des uns et des autres. Avant que le tribunal n'examine ces deux versions lors d'un procès, où ce sera sans doute parole contre parole. Décidé à ne pas s'en laisser compter, Florian Brunet a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et atteinte à la présomption d'innocence.
Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 02/05/2008