FOOTBALL. Laurent Blanc s'agace que l'on parle de lui à la tête des Bleus et se concentre sur le match de Grenoble
Bien entendu, Laurent Blanc s'attendait à ce qu'on évoque le sujet. D'ailleurs, l'agitation turbulente de la salle de presse du Haillan, bondée et surchauffée, lui permit un peu d'humour. « Autant de monde pour un match contre Grenoble... »
La presse l'attendait évidemment sur l'équipe de France, sur cette double casquette que d'aucuns lui avaient peut-être un peu hâtivement posée sur la tête, avec la perspective de diriger les Bleus dans un éventuel barrage de l'automne.
« Il faut arrêter », lâcha-t-il fermement. « Je veux bien que l'on parle de l'équipe de France, du sélectionneur. Le seul problème, c'est qu'on m'inclut là-dedans. Moi, je n'ai rien à voir là-dedans. Que les choses soient bien claires. S'il y avait un choix à faire sur le sélectionneur, c'était après le championnat d'Europe qu'il fallait le faire. Ce choix a été fait puisqu'on a maintenu la confiance à M. Domenech et à son staff. Avec l'objectif de se qualifier pour la phase finale de la Coupe du monde. L'objectif est encore réalisable. Laissez le tranquille un petit peu et surtout, ne me mettez pas au milieu. »
« Pas possible »
En vérité, le Cévenol sait pertinemment d'où vient l'agitation autour de sa personne. « Mon président a répondu un peu naïvement à une question à laquelle il n'aurait pas dû répondre. Il est tellement poli qu'il l'a fait. Mais la question n'aurait pas dû être posée. »
Et pour clore le sujet, l'entraîneur champion de France précisa qu'à son point de vue, il était impossible d'assumer une double mission. « On ne peut pas diriger sereinement l'équipe de France, en même temps qu'une formation de Ligue 1. Mais le problème ne s'est pas posé. De toute façon, j'ai assez de travail avec les Girondins, qui me réclament toute mon énergie, toute ma concentration. »
Le sujet Laurent Blanc à la tête de l'équipe de France pour de probables barrages est donc clos. Évoqua-t-il ensuite tout cela avec Jean-Louis Triaud ? Les deux hommes discutèrent avec emphase au bord du terrain d'entraînement, en attendant la sortie des joueurs.
Au fond, la position du champion du monde, si elle se heurte au désir des observateurs de le voir apporter sa patte personnelle aux Bleus, pour leur donner plus de brillant, plus de panache, ne paraît pas très surprenante. Quel intérêt aurait-il à hériter d'une situation pour le moins délicate, pour deux matches couperet ?
Le supposer motivé pour jouer les pompiers de service, quand bien même il irait de l'intérêt supérieur de la nation, c'est mal connaître notre homme. Il ne faut pas oublier, dans ce débat, qu'il était lui-même un candidat potentiel à la succession de Jacques Santini à l'été 2004. La Fédération, poussée par la direction technique et Aimé Jacquet, avait alors préféré l'option interne, celle de Raymond Domenech, lui-même recalé en 2002, pour prendre la suite de Roger Lemerre.
2010 n'était pas son objectif
Laurent Blanc, fidèle à ses principes, n'aimerait pas qu'on le prenne pour quelqu'un qui intriguerait dans l'ombre. Il n'a de toute façon aucun intérêt à poursuivre une mission aussi mal engagée. Et sans doute préfère-t-il voir la Fédération assumer jusqu'au bout le non-choix opéré au sortir de l'Euro 2008 raté. L'objectif Coupe du monde 2010 n'était pas le sien. Lui en assumera peut-être un autre, celui de l'Euro 2012 ? Du Mondial 2014 ? Il est encore trop tôt pour y répondre mais si tel devait être le cas, il mènerait l'aventure dès sa genèse. En attendant, Bordeaux ré clame son attention, pour un match très délicat face à Grenoble, qu'il importe de gagner avant le déplacement mardi à Turin en Ligue des champions.
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