Candidature Euro 2016
Jacques Lambert : "Le processus avance bien"
Le 15 février 2010 au plus tard, la France devra remettre à l'UEFA son dossier de candidature à l'organisation de l'Euro 2016. Quel est l'état d'avancement du projet ? Réponse du Directeur Général de la FFF, Jacques Lambert.
Quel point pouvez-vous faire, à ce jour, sur le dossier de candidature ?
"Je dirais qu'il avance de manière rassurante et motivante. La tournée des villes effectuée cet été par Jean-Pierre Escalettes et Frédéric Thiriez, a été marquée par l'expression d'une vraie volonté politique et populaire de ces villes de s'inscrire dans une démarche de candidature. Cette phase que j'appelle de « mobilisation », également ponctuée par deux séminaires réunissant les représentants des municipalités, organisés par la FFF puis conjointement avec l'UEFA, est à présent terminée. Nous avons dix-sept stades en compétition puisque nous avons intégré la candidature du Stade des Hauts-de-Seine présentée par le club du Racing Métro. Ce projet de stade neuf répond par sa capacité aux normes du cahier des charges de l'UEFA."
Quelle est l'étape suivante ?
"Nous sommes entrés dans une phase de développement et de construction technique du dossier de candidature. Les villes disposent de toute la matière première brute –directives, informations, documentation- pour travailler. Elles peuvent aussi s'appuyer sur la cellule constituée par la FFF et la LFP spécifiquement dédiée à la problématique des stades. A partir de la mi-septembre, nous les auditionnerons pour réaliser avec elles un premier bilan sur l'état d'avancement de leur projet « stade » mais aussi sur les autres aspects importants spécifiés dans le cahier des charges pour lesquels nous avons demandé des réponses. L'objectif est de pouvoir dresser, fin septembre, un état des lieux le plus complet possible. Une sorte de version « V0 » de la candidature qui permettra d'identifier les forces et les faiblesses du dossier, et de concentrer nos efforts sur les points qui le nécessiteront."
Est-ce une première phase de sélection ?
"Non et je le dis très clairement : ce travail d'évaluation n'a pas pour objectif de choisir de façon immédiate les villes retenues pour le dossier, ni d'écarter qui que ce soit. Ce choix n'interviendra pas avant la fin octobre-début novembre. A ce propos, ainsi que l'a récemment souligné la secrétaire d'Etat aux Sports, Madame Rama Yade, c'est bien la FFF et elle seule qui aura la responsabilité de choisir les villes (ndlr : 9 villes + 3 remplaçantes)."
Comment ce choix s'effectuera-t-il ?
"Un jury sera formé à cet effet. Le choix reposera d'abord sur une évaluation précise de la fiabilité, de la faisabilité –technique, financière- et de la solidité du projet de stade. Comme je l'ai dit précédemment, il s'appuiera aussi sur la qualité des réponses apportées sur les autres aspects du cahier des charges –développement durable, transports, hébergement, fan zones- pour offrir le meilleur cadre global à l'accueil de l'événement, le stade n'étant qu'un élément du projet d'ensemble. Les villes ont parfaitement compris qu'elles étaient engagées dans un processus compétitif, et nous nous attacherons à établir un classement qualitatif aussi objectif que possible du potentiel de chacune d'elles. Enfin, ce choix passera par une phase de concertation avec les instances gouvernementales afin de bien caler la question du soutien financier que l'Etat doit apporter aux villes. In fine, il reviendra au Conseil Fédéral d'arrêter le choix définitif en fonction des éléments mis à sa disposition."
Dans quel état d'esprit êtes-vous après ces premiers mois de travail ?
"La motivation des villes me rassure. Partout, la candidature à l'Euro 2016 est devenue un sujet d'intérêt général local. Les villes se sont approprié le projet, elles ont créé un élan. Je suis certain que cette mobilisation va nous aider à produire un bon dossier de candidature et ce, dans les délais prévus. Notre objectif étant de constituer un dossier complet (textes, documentation, plans, photos etc.) avant le 31 décembre. C'est très court. Il nous restera alors six semaines pour le traduire en anglais et le fabriquer (de 800 à 1 000 pages). Je suis également très satisfait de la qualité et le volume de travail collectif réalisé par la FFF, la LFP, le monde du football et les villes. Sans parler d'optimisme car il nous reste beaucoup de pain sur la planche et nous sommes face à des adversaires sérieux (ndlr : Italie, Turquie et un ticket Norvège-Suède), le déroulement du processus me conforte dans l'idée que nous avons eu raison d'y aller et d'y aller seuls, et que nous avons adopté les bonnes méthodes de travail."