France 2016 : Yes we will !

 

France 2016 : Yes we will !
©FEP/PanoramicDans une tribune libre publiée ce lundi 2 février dans le quotidien "Les Echos", le président de la LFP Frédéric Thiriez appelle à la mobilisation sur la candidature française à l'organisation de l'Euro 2016.
La France doit-elle, malgré la crise, se porter candidate à l’organisation du championnat d’Europe de football 2016 ? Oui, trois fois oui ! Nous le pouvons, mieux, nous le devons. Et le plus tôt sera le mieux.

D’abord, parce que les Français en ont envie et le méritent. L’Euro 2016, après la déception de 2012, peut constituer une magnifique victoire collective. Notre pays a le goût et l’expérience de l’organisation des plus grands évènements sportifs planétaires.

Plus encore en ces temps de crise sans doute, un projet d’une telle envergure est à même de réveiller les force vives de notre pays, de susciter l’enthousiasme et de créer de l’espoir. Cette candidature va mobiliser, autour d’un projet fédérateur, le public, le mouvement sportif, les collectivités locales, l’Etat et les partenaires privés, tendus par une même volonté : gagner. Le sport, et en particulier le ballon rond, demeure, dans ce monde troublé, un formidable facteur d’unité, de paix et de fraternité.

Se porter candidate, la France le doit également pour se doter enfin des infrastructures dignes de son rang. Une mise à niveau s'impose et il y a même urgence…. Profitons de 2016 pour saisir l'occasion manquée en 1998, quand les investissements avaient été concentrés sur une seule enceinte, le stade de France. Prenons exemple sur l'Allemagne. Ce pays a profité de la dernière Coupe du Monde pour construire ou rénover 12 stades ultra modernes. Ils ont été conçus comme de véritables lieux de vie accueillants pour le public. Ils génèrent de nouvelles ressources pour les clubs, diminuant ainsi leur télé-dépendance.

Heureusement, la France des stades commence à bouger. Elle ne demande qu’à accélérer le mouvement. Nous devons rattraper notre retard, maintenant que nous avons comblé celui des droits TV. L'enjeu, comme le soulignait le rapport d'Eric Besson pour qui le stade est une clé de voûte de la compétitivité, est ni plus ni moins que de donner plus d’atouts à nos clubs pour conserver leurs meilleurs joueurs et jouer à armes égales en Ligue des Champions.

Naturellement, notre candidature n'aura de sens que si nous avons des possibilités réelles de l'emporter. Et c'est le cas !… On connaît les atouts de la France en terme de capacité d'accueil et de savoir-faire. Nous avons aussi les cartes en mains pour ce qui concerne la modernisation de nos infrastructures. La commission Euro 2016, présidée par Philippe Seguin, a recensé 12 projets concernant des stades d'une capacité supérieure à 30 000 places. Il apparaît que la France a largement les moyens de remplir le cahier des charges exigeant imposé par l'UEFA. Il nous faudra, pour offrir un beau plateau, 10 stades modernes de plus de 30 000 places en 2014. Nous les aurons, si nous le voulons.

Il va de soi que tous ces investissements n'ont pas vocation à être financés exclusivement sur fonds publics. Le modèle économique qui découle de la professionnalisation du sport et le contexte de la crise imposent que l'initiative privée soit privilégiée, plutôt que l’argent public. Pour cela, il faut apporter aux investisseurs potentiels la sécurité juridique qui leur fait défaut. Ceci suppose que le Parlement adopte les mesures proposées par le rapport Seguin, comme la reconnaissance du caractère d'équipement d'intérêt général aux enceintes sportives. L’appui des pouvoirs publics, affirmé par le Premier ministre François Fillon lors de la présentation du rapport Seguin, ne doit pas manquer. Le travail législatif a d’ores et déjà commencé, avec l’adoption en urgence de deux des propositions du rapport Seguin. Il devra se poursuivre au printemps avec le projet de loi porté par Bernard Laporte. Cette dynamique ne bénéficiera pas qu'au football, loin de là : le grand chantier des stades, pourvoyeur d'activité et d'emploi, trouvera en effet toute sa place dans le cadre de la politique de relance économique annoncée par le Chef de l'Etat et le Gouvernement à la fin de l'année dernière.

Non seulement le football français n'est pas indifférent aux difficultés du monde qui l'entoure, mais il sera fier d'apporter sa contribution à l’effort national de relance. Oui, nous entendons être candidats et nous sommes déterminés à gagner. Cette double victoire, nous la voulons pour nous-mêmes mais aussi pour tous les français. Alors, candidats ? Yes, we will ! …
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Dernière mise à jour de cette page le 02/02/2009