Frédéric Thiriez : "Il n'y a pas de fatalité à la violence"
Après la réunion de concertation qui s'est tenue au Ministère des Sports avec Rama Yade, Frédéric Thiriez a déclaré :
"Je serai toujours aux côtés de Rama Yade quand il s'agira de combattre la violence. Il faut protéger le football qui n'est pas la cause de la violence mais le réceptacle et la victime. Il n'y a pas de fatalité à la violence. Nous devons tous nous y mettre, le football et les pouvoirs publics, et nous obtiendrons des résultats. La volonté est là, les moyens vont être mis en place. Les moyens répressifs d'abord, car la répression est indispensable, mais elle n'exclut pas la poursuite du dialogue avec les vrais supporters et les ultras qui aiment le football, à la différence des 400 individus qui préfèrent la violence. Répression et prévention, l'un ne va pas sans l'autre".
Un service de police spécialisé contre le hooliganisme
Le Ministère de l'Intérieur a annoncé le 30 septembre la création de la division nationale de lutte contre le hooliganisme. Lire le communiqué de l'Intérieur et la réaction de Frédéric Thiriez.
Communiqué du Ministère de l'Intérieur
Pour enrayer la recrudescence et la radicalisation des actes violents dans les stades lors des matchs de football, le ministre de l'intérieur, des collectivités territoriales et de l'outre-mer, Brice HORTEFEUX mobilise acteurs de la sécurité intérieure et responsables sportifs et crée un service spécialisé rattaché au directeur central de la sécurité publique pour lutter contre le hooliganisme.
A la suite de la reprise du championnat de Ligue 1 2009-2010, émaillée d'incidents parfois violents, Brice HORTEFEUX a tenu à ce que se tienne, au plus haut niveau de son ministère, une réunion inédite entre :
- les responsables sportifs de la Ligue de football professionnel (LFP) [Frédéric THIRIEZ, président], de la Fédération française de football (FFF) [Jacques LAMBERT, directeur général], de l'Union des clubs professionnels (UCPF) [Jean-Pierre LOUVEL] et les représentants de certains clubs ;
- et les acteurs de la sécurité intérieure concernés, à savoir le préfet de police, tous les préfets des départements comptant une équipe de football professionnel évoluant en Ligue 1, le directeur général de la police nationale, le directeur central de la sécurité publique et un représentant du directeur général de la gendarmerie nationale.
Lors de cette réunion, l'effort du ministère de l'intérieur a été rappelé. Ce sont, au minimum, 2 500 hommes et femmes qui sont mobilisés pour chaque journée de championnat, et, pour certaines journées à risques, jusqu'à 5 000. 68 unités de forces mobiles ont, d'ores et déjà, été engagées lors des six premières journées du championnat, contre 60 sur la même période lors de la saison précédente.
Il faut, aujourd'hui, aller plus loin. Convaincu que la réponse aux violences doit être à la fois celle de l'Etat, des clubs et de la Ligue, le ministre a demandé à l'ensemble des participants de jouer groupé et de mieux coordonner leurs actions pour réprimer les fauteurs de troubles qui adoptent des comportements inacceptables et garantir le bon déroulement des prochaines rencontres sportives.
Les participants à la réunion se sont accordés pour considérer que chacun d'entre eux devait renforcer ses moyens d'action et sa mobilisation et qu'ils devaient aller plus loin ensemble pour identifier et écarter les fauteurs de trouble.
Afin de donner toute son efficacité opérationnelle à cette nouvelle méthode, Brice HORTEFEUX a, en outre, décidé la création d'un nouvel outil directement rattaché au directeur central de la sécurité publique : la division nationale de lutte contre le hooliganisme.
Ce nouveau service aura trois missions principales :
- mieux coordonner nos capacités de renseignement avec les acteurs responsables de la sécurité sur le terrain ;
- mieux identifier les cas individuels à risque afin de pouvoir les interpeller et les sanctionner, non seulement au plan administratif, mais aussi judiciaire ;
- apporter aux préfets et aux directeurs départementaux de sécurité publique un appui renforcé en termes d'organisation des dispositifs d'ordre public et d'identifications, comme c'est déjà le cas lors des grands événements ou manifestations de grande ampleur.
L'objectif qu'a fixé le ministre est de tout mettre en œuvre, par une action étroitement coordonnée des services de l'Etat, des clubs et de la Ligue, pour faire reculer la violence dans les stades et leur redonner, ainsi, leur pleine vocation sportive et festive.
Réaction de Frédéric Thiriez au communiqué du Ministère de l'Intérieur
"Cette réunion a sonné la mobilisation générale de tous les responsables, des pouvoirs publics comme du football, pour éradiquer la violence dans les stades. Cette violence est insupportable car elle donne une image désastreuse du football et elle fait courir des risques aux supporters et aux joueurs. Cela doit s'arrêter ! J'ai noté pendant la réunion une forte volonté et des moyens. Je retiens deux mesures très significatives. D'abord, la généralisation des IDS avec obligation de pointer au commissariat car il faut cibler la répression contre les fauteurs de troubles et ce qui a été possible en Angleterre doit l'être en France. Ensuite, la création d'un service de police spécialisé contre le hooliganisme qui aura une mission de coordination et d'impulsion de la lutte contre la violence dans les stades. Grâce à cette coordination renforcée entre tous les acteurs concernés, nous obtiendrons des résultats".
Après le décès de Brice Taton, le président de la LFP s'associe au deuil qui frappe le Toulouse FC
Voici le courrier adressé par Frédéric Thiriez au président du TFC, Olivier Sadran.
Monsieur le président, Cher Olivier,
Dans l'épreuve tragique que traverse aujourd'hui le Toulouse Football Club, je veux te dire toute mon émotion personnelle ainsi que celle de l'ensemble de la famille du football professionnel français. Je partage ta peine et celle de tous les supporters toulousains. Je compte sur toi pour transmettre à la famille de Brice Taton, si durement éprouvée, l'expression de mes condoléances et de mes sentiments attristés.
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